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La vie en
mauve
En 1945, une poignée
de jeunes sportifs créent le Football Club d'Uffheim,
inscrit sous le numéro d'affiliation 4209. Le club change de
nom en 1949 pour prendre celui d'AS Uffheim. L'épisode
sportif sera de courte durée pour l'association qui met le
club en sommeil en 1954. Les activités sont suspendues...
pour renaître de ses cendres en 1971 sous la dénomination de
Football Club Uffheim.
En ce temps là, les
jeunes ont les cheveux longs et courent vite...
Uffheim compte 2
boulangeries, 2 restaurants, 2 épiceries, un boucher, un
cordonnier, un forgeron, une fanfare, des pompiers, mais pas
de terrain de sport!
L'école primaire
n'est pas encore mixte et il n'y a pas la télévision dans
toutes les maisons. Les ordinateurs font encore partie de la
science fiction et on ne se doute pas que quelqu'un va
inventer, un jour, la semaine des 35 heures.
A l'époque où l'on
marche pour la 1ère fois sur la lune, les petits gars du
village jouent au foot devant le restaurant "aux chasseurs".
C'est un terrain en bitume et de taille réduite. Le portail
rouillé de la maison de Mme Victorine (aujourd'hui CMDP)
sert de but. Le jeu s'interrompt au passage d'un tracteur ou
d'une 2CV. A la fin du match, on va boire un panaché ou un
diabolo servis par Mme Irma.
MAI 1968 à
Uffheim
A Uffheim la
contestation s'est cristallisée autour d'une revendication
majeure: "nous voulons un terrain de football".
Bernard Schlienger
et Adrien Dentz (2 juniors jouant au FC Sierentz) font le
premier pas en allant voir le sympathique et dynamique maire
Joseph Muller, qui se déclare prêt a donner un terrain
communal de 1ha "si le nombre de joueurs est assez
nombreux".
Les deux joueurs
demandent aux plus anciens de la bande de monter une équipe
locale. C'est Fernand Fritsch qui s'attelle à cette tâche.
Il
n'est pas le meilleur au foot mais un grand organisateur et
un leader charismatique.
Avec Marcel Goepfert,
il mobilise une vingtaine de jeunes et d'anciens qui
participent à une réunion publique à la mairie, le 22 mars
1971, marquant la renaissance officielle du FCU.
Les vendredis soirs,
on se retrouve "Chez Irma" pour
jouer au poker ou au tarot. Les gains de ces interminables
parties sont versés dans une cagnotte qui sert à acheter les
premiers ballons.
Fernand Fritsch forme un duo de choc avec Simon Gori, un
entraîneur pédagogue, gardien de but talentueux, fumeur de
pipe aux idées révolutionnaires. Venu de Toscane via les
Vosges, il garde son accent mais transmet sa fougue et sa
passion qui ne se limitent pas au foot. C'est lui qui
apprend à jouer, à gagner et à voir en mauve.
Le
mauve est toujours la couleur du FC Uffheim, la même que
celle de la Florentina de Florence et que Simon a fait venir
directement d'Italie: la Toscane et le Sundgau ont donné
naissance à une équipe multiculturelle.
Le
FCU innove sur un autre plan: il est l'un des premiers
petits clubs à faire de la publicité pour son sponsor, mais
comme il est interdit de porter le nom d'une société sur les
maillots, on décide de coudre des écussons de la Sedim,
l'entreprise de Roger Wasner sur les shorts des joueurs.
Sur
les maillots, à la place du cœur, il y a un écusson
symbolisant un moulin et une date: 1667, l'année à laquelle
remonte la première référence historique de la création du
village d'Uffheim autour de trois moulins.
Pour
financer les infrastructures du club, le FCU organise à
partir de 1972, pour la première fois dans la région, des
kilbes en hiver et des soirées de carnaval sous chapiteaux.
Le vin chaud gèle dans les verres car le chauffage tombe
régulièrement en panne et le chapiteau s'écroule parfois
sous le poids de la neige . Mais cela permet de remplir les
caisses.
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